Slam dunk
Inazuma Eleven - 30/12/2025
2,809 mots.
Riccardo n'abandonne pas l'idée de faire progresser Terry au football... Même s'il doit jouer au basket pour ça !
Commentaire de l'auteur.e:
Hello ! Ça faisait longtemps ! Aujourd'hui je reviens avec une fic munetaku pour kaleezlune sur tumblr ! J'espère que tu aimeras ce cadeau du secret santa :) Leur relation reste entièrement platonique mais j'espère avoir réussi à exprimer leur potentiel pour une amitié profonde...! Ils sont si intéressants rahh
Pour tout vous dire, je n'ai regardé que la première moitié de Galaxy donc pour ne pas trop me risquer à des incohérences ça prend place au début, quand ils viennent de partir dans l'espace, ils n'ont pas encore développé leurs Souls. J'ai choisi d'écrire avec les noms VF pcq ça me change ! J'ai aussi écrit une traduction anglaise de cette fic disponible sur mon AO3.
Disclaimer : je ne connais rien au basket mais j'ai lu Slam Dunk.
PS : Pain au chocolat.
Disclaimer : Inazuma Eleven appartient à LEVEL-5.

« Un basketteur ?
L'image de Gabi fronça les sourcils.
- Oui, je te jure, la dernière fois il est sorti des cages en dribblant avec le ballon…
Riccardo se prit la tête entre les mains et ne la releva qu'au léger rire de son meilleur ami.
- Hé, te moque pas de moi...
- Pardon, c'est que c'est à n'y rien comprendre ! Il n'y a que quatre joueurs de foot dans cette équipe !
- M'en parle pas… Je comprends pas ce que le coach a en tête. Raimon me manque.
Gabi sourit doucement. Riccardo se doutait bien que la blessure de ne pas avoir été sélectionné était encore ouverte, aussi ne voulait-il pas trop appuyer. Gabi était un saint de l'écouter se plaindre ainsi.
- Et qu'en dit le capitaine ?
- Arion est déjà bien occupé avec Falco et l'autre boxeur, je veux m'occuper moi-même de Terry.
C'aurait été mentir que de dire que son ego n'avait pas été heurté, même légèrement, à la nomination du capitaine. Mais l'expérience lui avait donné toute confiance et même une certaine admiration pour Arion. Il pouvait reconnaître que ce capitaine saurait tirer parti et harmoniser cette équipe si particulière, mieux que Riccardo pouvait l'imaginer. Et puis, il n'était pas peu soulagé de ne pas avoir à endosser cette responsabilité intergalactique.
Mais les mauvaises habitudes avaient la vie dure, et Riccardo ne pouvait s'empêcher de suivre son pressentiment quant à son coéquipier. Son sens de capitaine, cultivé par les années et les expériences, lui disait que Terry avait du potentiel. Si seulement il arrêtait de dribbler…
- Qu'est-ce que tu vas faire alors ? »
⁂
La voix de Gabi résonnait encore à ses oreilles quand Riccardo se retrouva devant la porte de la chambre de Terry. Il toqua.
« Qu'est-ce que tu veux ?
Le gardien ne semblait pas ravi de le voir. Riccardo l'était encore moins, mais il serra le poing.
- Viens t'entraîner avec moi.
- Hein ? Pas envie.
Terry commença à refermer la porte mais Riccardo la bloqua avec son pied.
- C'est important, allez.
- Qu'est-ce que j'y gagne ?
Les compétences pour jouer dans cette équipe était une réponse très tentante mais qui ne le mènerait nulle part. Riccardo devait faire appel à l'intérêt de Terry, puisque le sens du devoir lui était apparemment étranger. Il réfléchit à toute vitesse et ce qui sortit fut :
- Tu te défiles ? Ça te ressemble bien.
Aussitôt, un hoquet d'indignation lui fit écho et il sut qu'il était tombé juste.
- T'es malade ? Je vais t'écraser.
- Essaye toujours. »
C'était cette même tension bouillante qui courait dans ses veines quand ils se retrouvèrent sur le terrain d'entraînement. S'il s'était arrêté un instant, Riccardo se serait demandé pourquoi la colère était la plus facile à manier face à Terry. Mais pas maintenant. Maintenant, il fallait battre le fer tant qu'il était chaud.
Et Terry était remonté, plein de hargne de lui faire ravaler ses paroles. Il s'évertuait à rattraper toutes les balles que Riccardo lui lançait, mais échouait une fois sur deux.
« Encore ! Le haranguait le buteur.
Terry bougeait bien, il était agile et prompt sur ses jambes. Ses réflexes étaient très bons. Mais il avait la fâcheuse tendance d'attendre les frappes par le haut et d'ignorer de surveiller les côtés.
- Les cages sont larges, tu négliges trop les côtés !
Un rugissement lui répondit :
- C'est nul ! Moi aussi je veux tirer !
- Tu es gardien, abruti !
Le ballon s'immobilisa entre les gants. Terry fixa son adversaire, les yeux écarquillés et brûlant d'une haine farouche. Riccardo soutint ce regard.
- Tu m'as traité de quoi, là ?
- Abruti. Un gardien qui n'est même pas capable d'arrêter des tirs si simples est un abruti.
C'était une voie dangereuse, il le savait. Riccardo n'avait pas pour habitude d'insulter ses joueurs. C'était même proscrit en tant que capitaine. Mais c'était sorti tout seul, trop tard pour rétropédaler.
Et puis il n'était pas capitaine.
Terry jeta le ballon avec rage. Il se dirigea à grandes enjambées vers Riccardo.
- J'en ai marre ! Arrête de me prendre de haut, tu crois que tu vaux mieux ?
Il planta les yeux dans les siens, la respiration saccadée. Toute réponse n'aurait fait que jeter de l'huile sur le feu, aussi Ricardo garda-t-il le silence.
- Merde !
Terry se détourna, les poings serrés. Riccardo le fixa sans sourciller, mais le sang pulsait rapidement à ses tempes.
- Tu sais quoi ? On va voir ce que tu vaux au basket.
Ce fut la douche froide.
- Quoi ? fut tout ce qui sortit de sa bouche.
Terry pointa son index sur lui.
- J'écouterai ce que t'as à dire seulement si tu me bats au basket.
Une centaine de protestations se bouscula dans la tête de Riccardo, dont On est une équipe de foot, mais son cerveau s'arrêta sur la faible :
- Mais il n'y a pas de terrain de ba- »
Il y avait un terrain de basket sur le vaisseau. Un gymnase, en fait, qui servait à Cerise pour ses étirements, avec un sac de frappe pour Frank, et oui, des paniers et des délimitations de basket.
Riccardo se retrouva donc contraint et forcé, coi sur le terrain de basket.
« Bon ! s'exclama Terry qui semblait avoir récupéré toute sa superbe. On va commencer par les dribbles !
Toujours abasourdi, Riccardo rattrapa de justesse le ballon qui venait de lui être lancé. Il avait à peu près le même diamètre qu'un ballon de foot, mais la matière était rugueuse et le ballon sonnait creux.
Il commença à le faire rebondir sur le sol, le son était nouveau mais vite prenant. Mais c'était plus dur de suivre le ballon dès que Riccardo voulait avancer. De manière tout à fait ridicule, il devait trottiner pour tenter de rétablir le contrôle sur la balle, et Terry l'observait effectivement d'un air goguenard.
- Contrôle la balle ! Étends tes doigts !
Riccardo avait plutôt envie de serrer les poings à cet instant. Il se sentait humilié. Pourquoi est-ce qu'il supportait ça ? Il pouvait envoyer Terry se faire voir.
Mais un défi était un défi, surtout si Terry ne marchait que comme ça. Et Riccardo ne se défilait pas.
À vrai dire, le basketteur savait de quoi il parlait et voulait communiquer des conseils, mais à ce stade Riccardo n'était pas réceptif. Il allait y arriver tout seul, bon sang ! Ce n'était qu'un stupide jeu ! Mais après deux rebonds, la balle lui échappait systématiquement.
Soudain, Terry lui attrapa la main. Avant que Riccardo puisse protester, il étudia sa paume, les sourcils froncés :
- Hm…
- Quoi ? aboya Riccardo, pas d'humeur pour un autre commentaire railleur.
- C'est bien ce que je pensais, ta paume est toute lisse. Y'a pas d'adhérence.
Depuis petit, les parents de Riccardo lui avait inculqué la nécessité de prendre soin de ses mains. Elles étaient l'instrument du pianiste après tout, d'autant plus pour un chef d'orchestre. Les sports comme le basket et le tennis étaient proscrits.
Terry montra sa paume en comparaison, et par automatisme, Riccardo la saisit.
Les points surélevés étaient plus calleux, modelés par l'impact répété du ballon. Les bouts de ses doigts n'étaient pas aussi durs que ceux de Riccardo, endurants à l'épreuve du clavier.
Riccardo passa le pouce sur les aspérités de la paume, appuyant légèrement. Ces mains étaient faites pour attraper les balles.
Il lâcha brutalement la main de Terry qui sursauta. C'était vraiment trop de gâchis.
- Ok, comment je te bats au basket ? »
Après une seconde de flottement, Terry se rengorgea. Il entreprit d'expliquer les règles du jeu: surface de réparation, défense, nombre de pas autorisés.
L'esprit de Riccardo courait à toute allure pour suivre et assimiler ces nouvelles règles. Il n'avait pas appris quelque chose de zéro depuis longtemps. Il n'avait pas l'habitude. Il n'était pas sûr d'aimer ça.
Quelques essais infructueux plus tard, sa frustration montait en flèche et Terry prit pitié de lui :
« Bon, laisse tomber tout ça. Tu gagnes seulement si tu arrives à faire un slam dunk.
Riccardo s'épongea le front. Terry lui avait montré les différents types de paniers, et il démontra de nouveau la posture du slam dunk. Ça paraissait si simple, courir en dribblant, s'élancer dans les airs et… Riccardo se vautra complètement.
La fraîcheur du parquet ciré contra sa joue ne fit qu'alimenter sa rage bouillonnante.
Terry ne le lâchait pas. Il défendait le panier, inflexible et impassible. Tout en continuant de le haranguer de piques et de corrections que Riccardo ne voulait pas entendre ! Une boule se formait dans sa gorge, grossissant à chaque exhortation du basketteur, et il se figura que c'était nul de ne pas savoir jouer. C'était vraiment nul. Il en avait assez, il voulait jouer au foot. Au foot, il était bon.
Riccardo sauta une énième fois. Ses doigts heurtèrent le rebord du panier, s'y retinrent presque… Il retomba.
« Aïe ! »
Au contact avec le sol, la douleur irradia dans sa jambe gauche. Tout s'affaissa comme un soufflé raté : le ballon, la tension, la concentration farouche sur le visage de Terry.
Riccardo tendit la main vers sa cheville, voulut en tester la rotation, ce qui lui arracha un petit cri.
« Merde !
Il releva des yeux rageurs où montaient des larmes, vers Terry qui, pris de court, fronça les sourcils avant de gronder :
- C'est pas ma faute ! » et de le planter là.
Avec rage, Riccardo jeta le ballon de basket au loin. Il fit un très beau rebond.
⁂
Si Glacia avait été contrariée par cet incident, elle n'en avait rien laissé paraître en allant avertir le coach. Skie s'était montrée plus compatissante, encore plus quand il avait été décidé que Riccardo ne jouerait pas le prochain match.
C'était à s'y attendre. Arion l'avait repéré claudiquant dans les couloirs et l'avait conduit à l'infirmerie, avec une sollicitude qui fit à Riccardo l'effet d'une oasis en plein désert. Car il ne pouvait visiblement pas attendre de compassion de la part de Terry.
Celui-ci ne se montra pas, et peut-être était-ce pour le mieux car Riccardo n'était pas sûr de ne pas lui en coller une.
Riccardo était donc allongé dans son lit, partagé entre la colère de manquer le match à cause de Terry, et un étrange sentiment de malaise.
Il secoua la tête et se concentra sur l'écran de diffusion. Il assistait ainsi au match du Onze Terrestre contre une équipe alien dotées d'ailes semblables à celles des libellules. Il se sentait aussi stressé que s'il avait été sur le terrain.
Le coup de sifflet signala le début du match. Comme à son habitude, Victor excellait en attaque, mais Riccardo fut surpris de constater que Falco avait amélioré son contrôle du ballon. Il évitait les adversaires aisément tout en gardant la balle au pied. Quoi qu'ait dit ou fait le capitaine, ça avait porté ses fruits. Riccardo aurait aimé pouvoir en dire autant de ses confrontations avec Terry.
C'est par ce cheminement que la raison de son malaise lui fut révélée. Car avant de se blesser, il avait ressenti ce que devait éprouver Terry en jouant au foot. Riccardo avait été mis à sa place, et seulement là réalisait-il à quel point il avait été aveugle. C'était indigne d'un capitaine. C'était indigne de celui qui prétend aider.
Il aurait aimé appeler de nouveau Gabi pour en parler, mais les télécommunications avec la Terre étaient limitées à une par joueur par semaine.
Au final, pendant tout ce temps il n'avait fait qu'enfoncer Terry. Et ç'avait été facile. Il en percevait encore l'étincelle, avide de s'enflammer, à chaque fois que sa cheville l'élançait. Il ne supportait pas ce type. Et c'était ce sentiment qui avait pris le dessus sur son devoir.
Riccardo leva la main devant son visage et l'étudia un instant. Il la serra sur sa poitrine.
Il serra les dents quand un joueur de l'équipe adverse franchit la ligne de défense, bousculant Trina qui avait essayé de toute ses forces de le contrer. L'attaquant se retrouva face aux cages et sans hésiter, il tira avec une supertechnique qui fit l'effet d'un boulet de canon. Terry encaissa le but, et Riccardo tapa du poing sur sa cuisse.
Ils ne réussiraient pas si l'attaque ne menait pas l'équipe. Pourtant, le coach Black leur avait assigné une formation défensive.
C'était donc avec une angoisse grandissante que Riccardo regardait son équipe lutter et céder aux assauts ennemis. Mais dans la fébrilité ambiante, son œil tacticien repéra des mouvements intéressants. Le gardien se déplaçait davantage, il ne négligeait pas autant ses côtés que d'habitude. Et il n'avait pas dribblé une seule fois.
À un nouveau but, il vit Terry pousser un rugissement de frustration et frapper le poteau des cages. Aussitôt après, le gardien tapa dans ses mains et se repositionna au milieu des cages. Son regard fixé sur le terrain brûlait de la même détermination que Riccardo avait vue lorsqu'il défendait au basket.
Lorsqu'il arrêta le tir suivant, Riccardo poussa une exclamation de joie, surpris par sa propre réaction. Il vit ses coéquipier féliciter leur gardien, et une sorte de soulagement mêlé de fierté lui gonfla le cœur.
Comme s'il avait démontré ce qu'il avait à démontrer, le coach passa ensuite la formation à l'offensive. Victor et Falco parvinrent à remonter au score, et la victoire se joua aux prolongations.
La Terre gagna de justesse cette rencontre.
Lorsqu'ils revinrent au vaisseau, le coach ne s'appesantit pas sur ce résultat en demi-teinte et ne fit qu'un commentaire cryptique sur leur potentiel en germe.
Les joueurs étaient soulagés, mais conscients de leurs failles.
C'est pourquoi Riccardo se rendit, un peu moins estropié, au gymnase. Le son du ballon de basket s'arrêta net à son entrée.
« Riccardo ? Terry s'immobilisa. Ses yeux dérivèrent vers sa cheville. Tu… Ton pied va mieux ?
- C'est ta faute, tu sais. Riccardo s'avança. Tu pourrais au moins t'excuser.
Le gardien se raidit. La colère était si prompte à resurgir. Il la sentait affleurer, juste à la surface. Riccardo expira par le nez. Terry contracta la mâchoire mais fit de même.
- Ouais… Désolé… pour le match, lâcha-t-il finalement.
- T'as bien joué.
Les yeux magenta glissèrent vers lui si vite que Riccardo eut un mouvement de recul.
Terry avait l'air tout simplement abasourdi par le compliment.
Il se reprit bien vite et tendit le ballon à Riccardo.
- Allez, tu me dois un slam dunk.
Ce fut le tour de Riccardo d'écarquiller les yeux. Il passait l'éponge, et voilà que Terry se foutait de lui ?
- J'ai une entorse à cause de toi, imbécile ! Qu'est-ce que tu fais ? se récria-t-il quand Terry posa une main sur son épaule.
- Monte, abruti ! » répliqua son coéquipier en se mettant en position pour le porter sur son dos.
Et Riccardo se retrouva élevé dans les airs, sa colère laissée deux mètres plus bas. Le rebord du panier brillait sous la lumière, triomphant.
Tout en lançant le ballon dans le panier, Riccardo se dit qu'il ne supportait pas ce type. Mais peut-être pouvait-il lui faire confiance.
C'était un bon début.

Commentaire de l'auteur.e:
J'espère que vous avez aimé :) Je me suis bien amusé à l'écrire, ils sont au tout début de leur relation et je pense que ça s'insère bien dans le canon ! (j'ai complètement inventé le match)
Belle fin d'année et un joyeux 2026 à vous toustes !